A TOUS LES PAUVRES

A TOUS LES PAUVRES
POURQUOI JE SUIS PAUVRE

TRADUCTION

lundi 8 septembre 2008

La foi, un sens de l’existence

Une destination sans fin, un chemin qui conduit à une impasse, tel est, le sens qui est faux.

Une existence dont le sens échappe à l'homme lui apparaîtra comme quelque chose qui n'existe pas, un néant en quelque sorte.

Il y a des choses que l'on fait sans avoir raison. Je ne dis qu'on n'a pas des raisons de le faire, mais je parle de vérité. Et je le fais pour signifier ce déphasage qui existe entre la vérité en tant que telle, et les motifs que l'on peut évoquer pour accomplir un acte.

C'est ainsi que l'on ne doit cesser de se demander quelle est la vérité qui peut justifier la fabrication des armes qui sèment peut et désolations dans le monde ?

Il faudrait aussi s'interroger de savoir la vérité qui peut soutenir la misère de l'homme.

C'est la raison pour laquelle, je parle de la misère humaine comme étant le fruit d'un sens faux donné à l'existence.

Si les armes ont une existence dite palpable, c'est qu'il est vraiment vrai que l'on peut toucher ne suffit plus à établir la vérité.

Je dis alors que pour parler de la vérité, l'on est obligé de faire appel à ce que l'on ne voit pas, à ce que l'on ne peut toucher. Il s'agit effectivement du sens.

L'auteur du livre des Hébreux va le dire : « Avoir la foi, c'est être sûr de ce que l'on espère, c'est être convaincu de la réalité de ce que l'on ne voit pas » (Hébreux 11, 1).

Le disant, la foi devient un sens de la vie. La foi est un sens de la vie, la foi donne un sens, son sens à l'existence. C'est ce sens de la foi pour l'existence qui justifie la vérité de la vie nouvelle à laquelle nous appelle la foi en Jésus christ.

Maintenant, si nous nous parlons de la misère humaine sans avoir que la foi est un sens donné à l'existence, qu'est ce que nous faisons en vérité ?


 

mercredi 27 août 2008

Foi richesse, pauvreté, vérité

De la certitude que j'ai de croire, j'ai puisé toute la raison que j'ai d'être.

Ainsi, je suis ce que je suis pour traduire ce que je crois, ma foi. Et puisque je ne puis être et ne pas être en même temps, la certitude par laquelle j'existe en affirmant que je suis, ne peut plus être celle qui me dit le contraire de ce que je suis. De ce fait, je ne puis manquer des vérités indispensables à mon existence et l'affirmation de ce que je suis. Puisque ces vérités ne me manquent pas, je n'entreprends pas leur quête comme quand l'on part à la conquête du bonheur qu'on n'a pas.

Il est devenu aisé de dire de ma foi qu'elle est ma richesse et qu'elle me garde libre. La foi pour ainsi dire, est richesse quand elle est saisie comme la vérité qui parce qu'essentielle, constitue le fondement, la justification que l'homme a d'être lui-même. Parce que j'ai la foi, il est devenu possible que s'opère pour moi, cette démarcation de ce qui n'est pas moi. Je crois, donc je me distingue de ce qui n'est pas moi.

Ma foi est cette puissance qui me permet de me distinguer de ce qui n'est pas moi. Ce qui n'est pas moi, c'est ce qui ne me permet pas de dire que je suis et que j'existe.

René Descartes a dit : « cogito ergo sum ». Moi je dis : j'ai foi donc j'existe.

Ce qui ne me fait pas exister doit être compris comme toutes ces vérités dites de foi qui ne me reflètent pas mon propre visage. Je pense entre autres, à ces vérités qui sont incapables de faire naître, de donner vie. Parmi ces vérités, je veux citer celles qui concernent bien de sens donnés au bonheur et au bien-être par le monde dans lequel nous vivons.

Etant donné que les définitions que le monde donne au bonheur ne font pas, je ne peux être aux yeux de ce monde, celui qu'il appelle riche.

Je suis donc pauvre par l'ignorance de la richesse que constitue en réalité ma foi. Que le monde n'ait rien à faire de ma richesse me rassure et me protège de ses envies criminelles.

A la vue de ces pays d'Afrique, d'Amérique latine et d'ailleurs où sévissent des guerres qui n'ont de raison d'être que le souci que l'on nourrit de piller leur richesse, on peut être amené à se demander ce qu'il est possible de faire, pour se protéger.

En effet comment se protéger de ces définitions données au bonheur et au bien-être qui font de l'homme, le prédateur de son semblable ?

C'est ici que la foi doit protéger et que ma foi me protège.

La foi protège quand elle ne fait de soi la proie des appétits voraces des puissants.

Je suis protégé par l'insignifiance que je représente aux yeux des prédateurs. Ainsi, ce qui donne de survivre, c'est entre autre la capacité que j'ai d'avoir des intérêts dans lesquels on ne puise aucun motif de puissance.

La foi qui protège, c'est aussi un concept de vérité. Ce besoin de protection suffira t-il à faire comprendre la nécessité d'une vérité par laquelle l'on se distingue du monde ?

Ce besoin ne peut –il pas justifier le besoin d'une expérience autre de la définition donnée au bonheur et au bien-être ?

Je comprends aisément maintenant que Jésus christ vienne me parler d'une vérité que le monde ne peut recevoir :

« Le monde ne peut pas le recevoir parce qu'il ne peut ni le voir ni le connaître. Mais vous, vous le connaissez parce qu'il est demeure en vous » (Jean 14,17).


 

mercredi 20 août 2008

LA SITUATION DU PAUVRE DANS LE MONDE

La situation du pauvre dans le monde est celle de la semence que tuent les soucis du monde (Matthieu 13, 22).

Au nombre des soucis que connait la foi dans le monde, il ya celui de la vérité qui sous-tend la foi des hommes. En effet, il ya autant de foi qu'il ya d'hommes et paradoxalement, les vérités des uns combattent celles des autres.

Le souci de la foi, c'est aussi les limites des vérités humaines et même celle que les hommes ont de Dieu, mais qui empêchent d'aller plus loin dans le chemin de la vérité de Dieu.

Il y a des compréhensions données aux choses du passé qui laissent croire que le passé n'a jamais été un présent. Le faisant, on ne saisi pas toujours bien, ce dynamisme propre de la vérité qui agit et traverse le temps. C'est ici que se pose le problème que pose la lecture qu'à partir du présent, l'on fait du passé.

Il s'agit en clair, de l'expérience dans laquelle, l'attitude de foi a besoin de puiser sa raison d'être. Puisque nous cherchons dans l'expérience déjà vécue, la garantie de notre foi, nous disons implicitement que la foi n'est pas à concevoir aujourd'hui autrement qu'elle a déjà été.

Par expérience donc, on peut faire ressortir la notion d'éternité. A partir de ce moment, nous devrions être à même de savoir que, ce qui détermine l'expérience n'est plus le temps parce que l'éternité n'est pas question du temps. La raison est que le temps périt mais l'éternité non et on saisi le temps par le caractère périssable des choses. En ce sens, l'éternité est contraire au temps. J'interroge donc l'expérience pour retrouver les traits cachés du ma caractère non périssable de ma foi. Il résulte de ce qui précède, que ce qui est déterminant dans l'expérience, ce n'est plus la réponse ou la question que fonde et inspire un temps, mais plutôt, l'expression de l'éternité dans ce temps.

Dans les réponses que nous formulons sur le problème de la pauvreté, il y a bien ce que nous inspire notre temps. Mais au nombre de ce que nous inspire notre temps, n'ya t-il pas comme une constante, le désir d'un monde meilleur ?

Mais peut être qu'il est devenu important de savoir ce que nous entendons par le concept d'un monde meilleur.

Si par ce concept notre volonté d'homme est de s'approcher de la perfection à laquelle Dieu nous appelle par Jésus-Christ, on ne pourra plus détacher le concept d'un monde meilleur de celui du royaume de Dieu et plus singulièrement « du royaume que Dieu promis à ceux qui l'aiment » (Jacques 2,5).

C'est bien de ce royaume que le pauvre est fait héritier. Dès lors, le pauvre cesse d'être celui que nos sagesses humaines nous imposent, c'est-à-dire, cet être qui nous inspire honte et désolation, cet être qui rend incompréhensible la vérité de Dieu.

QUI EST DONC PAUVRE ?

Est pauvre en Jésus, celui en qui habite la réalité d'une identité qui va au-delà de celle que lui concède le monde. L'identité en question est celle que forme l'Esprit de vérité par sa présence en l'homme comme don de Jésus.  


 


 

vendredi 15 août 2008

De la foi en la création et de la misère humaine

L'amour pour l'homme sera plus manifeste quand il apparaîtra dans toute sa splendeur. Cette splendeur, on ne peut la trouver que dans l'idée qui a présidé sa création. C'est pourquoi, je dis que la beauté de l'homme ne peut être détachée d'un certain partage qu'on fait de la volonté qui l'a suscité. Je pense à la foi, au partage de la foi qui a fait naître l'Homme.

En dehors de cette foi, tout est dégradation. En partageant la foi qui l'a suscité, on accède au secret de sa création. Ceux qui aiment l'Homme ne le font pas à cause de ce que l'Homme aime. Ils le font pour témoigner du partage qu'ils ont de la foi qui a suscitée la création de l'Homme. En effet, ce n'est pas à l'Homme qui s'ignore lui-même, qu'il faille demander de justifier la raison pour laquelle on l'aime.

Il ya une souffrance qui est inhérente au fait de se méconnaître. Et plus l'Homme souffre, plus il se fourvoie dans la compréhension de la cause de sa souffrance. L'incapacité de s'aimer est pour l'Homme, le signe éloquent de sa propre dégradation.

Il ya dégradation parce qu'il ne peut accéder à la splendeur qui fonde sa nature intrinsèque, c'est-à-dire, sa nature d'être créé.

Celui qui se dégrade ne sait plus avoir de bonnes pensées pour lui-même. Quand il dit s'aimer, ce qu'il fait au nom de cet amour ne fait que justifier le mépris que ses semblables lui témoignent.

Se dégrader, c'est perdre le sens du bien. Et on perd le sens du bien parce qu'on prend pour réalité, ce que l'on voit sans comprendre véritablement. La dégradation sera donc une forme de vérité. Cette forme de vérité sera telle qu'à l'Homme se posera toujours la question de son identité.

C'est dans de telles vérités que l'Homme ne peut dire qui il est, ce qu'il est. Quand on meurt sans avoir su ce qu'on est ni qui on est, qu'est ce qu'on pourra dire de l'existence vécue ? Est-il même juste de dire qu'on a eu une existence ?

Partager la foi qui a suscité sa création a mille avantages. Mais je veux citer seulement celui de ne plus faire de la vie, un fardeau plus grand qu'elle ne l'est en vérité.

La vie devient un fardeau quand n'ayant pas accédé aux secrets de son origine, l'on doit lui assigner une fin. Quand on ne sait pas comment on était, il faut trouver une façon d'être pour aujourd'hui et demain. C'est ainsi que l'homme qui ne connaît pas la foi de son origine vit le temps comme une souffrance. Mais la plus grande souffrance est celle de la conscience que l'Homme a de lui-même.

Il n'ya qu'à penser à la peine que l'Homme a, à se savoir aimé pour s'en convaincre.

La peur de l'autre est si vive que l'Homme ne trouve de paix, la sécurité que grâce à la possession d'armes destructrices.

Etant donné que les idées, les vérités n'ont plus de pouvoir, on trouve nécessaire de les soutenir par l'action destructrice des armes.

L'économie ne demeure pas en reste. L'économie n'a pas de puissance si elle n'est le plus possible prédatrice. C'est la raison pour laquelle, parlant de la misère, je dis qu'elle est la traduction d'une certaine façon de vivre, d'une civilisation, de notre concept de bonheur. Il est devenu aisé de comprendre que la misère naît du refus ou de l'incapacité de l'homme à accéder au secret de ce qui a présidé sa propre création.


 


 

vendredi 1 août 2008

La misère humaine, un mal de la conscience

Si on ne cesse de décrier la misère de l'homme, c'est entre autre parce qu'elle ne peut laisser indifférent le regard qui se pose sur elle.

La misère gène, trouble la conscience, elle est une honte. Honte pour celui qui le subit, honte pour celui qui la regarde sans rien faire.

Mais le trouble et la honte sont les preuves que la misère est contre nature.

La misère est un état de contre nature pour l'homme. Et contrairement à ce que l'on dit souvent, la conscience se trouble parce qu'elle observe ce qu'elle ne souhaite pas voir. C'est la raison pour laquelle, le mot juste pour qualifier la misère est de dire qu'elle n'est pas une réalité ; qu'elle est absence de réalité, état de non efficience de ce qui est vraie réalité.

Que le monde vive dans la misère est le signe, la preuve que le monde vit dans l'illusion d'une réalité qui ne l'est pas.

Le monde désigne par le mot réalité, ce qui n'est pas, ce qui n'est que pour dire qu'il n'ya pas d'efficience.

Ici, le tort de l'homme est de vouloir, peut être sans le savoir, fabriquer, créer une réalité qu'il ne peut à la fin supporter.

Mais tout cela n'est pas gratuit. Rappelons-nous Adam et Eve dans le jardin d'Eden. Après avoir désobéi, ils ont ressenti du gène, de la honte. Ils n'ont pour ainsi dire, plus supporté d'être ce qu'ils étaient.

Le péché, c'est aussi cela ; le fait de ne pouvoir se supporter soi-même et de l'être par les autres. C'est la raison pour laquelle, je parle de la misère comme étant un mal de la conscience.

La misère ne se limite pas donc à la privation du pain dont on se nourrit. Elle sera aussi cette soif exacerbée de la liberté. Est donc misérable, celui qui en se regardant, ne voit que la liberté qu'il n'a pas ; celui qui ne sait pas voir dans son prochain, le bien qu'il est pour lui ; en bref, celui qui ne sait pas apprécier le bien.

C'est bien l'incapacité d'apprécier le bien qui a été le levain dans la fondation de systèmes économiques dans lesquels l'homme a perdu l'image qu'il doit de lui-même.

Aujourd'hui encore, on lutte encore pour avoir de la dignité, on lutte pour avoir un minimum de bien-être et de bonheur. On laisse même croire que Dieu habite dans notre misère. Cette lutte est prise pour ce qui est noble, on la qualifie de ce qui est normal. En le faisant, on fait dire que l'homme ne naît pas digne, qu'il n'y a pas de bien-être et de bonheur attaché au fait pour lui d'être créé. Les Ecritures saintes pourtant nos parlent : Dieu a tout créé avant de créer l'homme. (Genèse 1,1-26).

lundi 28 juillet 2008

Pauvreté, identité discrimination

La nécessité d'une expérience autre de la définition du bonheur et de la vérité qui la sous tend, s'impose par le fait que le bonheur lui-même ne se détache pas de la question de l'identité de l'homme.

Une bonne compréhension du bonheur laissera apparaître son lien avec la question de l'identité de l'homme. Je veux dire qu'il ne peut avoir de bonheur et de bien-être sans que ceux-ci ne viennent signifier, exprimer la réalité de l'identité. Je parle du bonheur comme étant la matérialité de l'identité de l'homme. On trouvera quelque racines de cette vérité dans la disposition de l'homme, a, ne comprendre par vérité que ce qui émane de l'expression consciente qu'il fait de ce qui le touche.

Le développement, l'homme le conçoit pour être une matérialité de la compréhension qu'il a de ce qu'il est. Le développement étant conçu comme tel, il n'y a pas de misère sans que ne se pose la question de l'identité. Il est devenu aisé de comprendre que la misère est le fruit d'une compréhension que l'homme a de ce qu'il est.

Il est facile d'observer que dans les sociétés humaines, les hommes font de leurs semblables ce qu'ils pensent d'eux. Je veux dire qu'un homme agira envers un autre en s'appuyant sur la valeur qu'il lui accorde. Ce qu'un homme fera de son prochain et pour lui, dépendra de la conscience que celui-ci a de ce dernier.

C'est dire qu'à celui à qui échappe une bonne compréhension de son prochain, il ne peut qu'user de toute sa force pour le détruire.

C'est bien ce que l'on observe dans les systèmes économiques où sont prônés des vérités sur le développement qui font perdre à l'homme la conscience qu'il doit avoir de lui-même. C'est la raison pour laquelle, on ne peut valablement parler de la misère sans montrer qu'elle est la manifestation d'une crise d'identité.

L'identité humaine

D'ordinaire, ce que nous savons sur l'identité humaine est ce que saisissons par les notions de nationalités. Au vue de ce que l'histoire enseigne, les questions de nationalités ont été des facteurs déterminants dans les conflits et autres guerres que le monde a connues.

Les hommes ont trouvé des justifications à leurs différences parce qu'ils n'appartenaient pas à un même espace que forment leurs pays ou leurs sociétés. Le facteur géographique montre de la sorte son impacte sur la formation de la conscience qu'ils ont de ce qu'ils sont.

Les barrières naturelles telles que les fleuves et tout ce qui sert de délimitations des frontières en sociétés, participent aussi à la délimitation de leur conscience. C'est un fait, l'homme ne saisit son identité qu'à l'intérieur de la délimitation que les frontières, les limites de sa conscience. L'homme saisira son identité dans les limites d'un temps et d'un espace. Il va sans dire que toute maîtrise du temps et de l'espace aura de l'influence sur la formation de la conscience et partant de l'identité.

On peut constater qu'aujourd'hui, les avancées technologiques par la maîtrise qu'elles ont de l'espace et du temps, ont participé à améliorer les rapports que les hommes ont les uns avec les autres. La preuve, avec le développement du transport, il est facile d'aller à la rencontre de l'autre. L'internet a révolutionnée la communication. Ainsi, les obstacles dus à la nature ne le sont plus avec la même acuité.

La question qui vient toute suite est de savoir si l'évolution technologique peut constituer une réponse efficace et définitive à la question de la formation de la conscience humaine ?

On peut affirmer avec force que la technologie en s'imposant au vécu, a disposé la conscience humaine à ses exigences. C'est un fait, il ya une conscience qui est le fait de la technologie et à côté de cette conscience, il y a d'autre que ne forme pas cette technologie.

Il y a une nouvelle délimitation de la conscience ; c'est-à-dire que , dans la formation de la conscience, les frontières ont changé de forme.

Le type de vécu, le mode de vie est devenu frontière. L'homme à la fin ne se reconnaitra qu'à l'intérieur d'un certain mode de vie.

Le mode de vie exprimera, traduira les spécificités de la conscience que l'homme a de lui-même et montrera la façon dont cette conscience s'est formée.

La définition de la pauvreté sera saisie comme, ce qui est hors du vécu de l'homme, hors de son mode de vie et des exigences propres de ce mode de vie.

La discrimination

Etant donné que les hommes ne parlent de société que grâce à une conscience commune qu'ils ont de ce qu'ils sont et de ce qui les touchent, la discrimination naîtra dans la formation de la conscience. La discrimination se situe dans ce qui est hors de la frontière, hors de la délimitation de la conscience qu'un homme a de ce qu'il est. La discrimination va traduire la difficulté que l'homme éprouve à se définir hors des limites que lui impose sa propre conscience. Il a autant de peine à se définir lui-même qu'à définir les choses.

Résoudre le problème de la discrimination, c'est résoudre les problèmes liés au temps et à l'espace. C'est ici que le concept de l'éternité montre son importance.

L'éternité brise les limites du temps et celles de l'espace. Une conscience qui se forme sur le concept d'éternité ne s'impose pas des barrières. Une telle conscience n'est pas sujette à des discriminations dues aux limites.

Le problème de la vérité

Les difficultés naissent à partir du moment où l'homme n'a pour arme que sa propre conscience. Et quand il parle de vérité, il a l'instinct de ramener la définition de la vérité aux limites de sa propre conscience. Il n'appelle vérité que ce qui est à l'intérieur de sa propre conscience. La vérité pour l'homme est le fruit de sa conscience.

La religion et la vérité

Dans le christianisme, on voit dans le premier Testament, Moïse apporter la loi aux hommes. Dans les évangiles, Jésus vient faire de son Esprit de vérité. La loi de Moise et l'Esprit de vérité ne sont pas à l'origine, les fruits de l'expérience existentielle de l'homme.

Il ya de ce fait, une conscience qui est propre à l'Esprit de vérité.

Croire en Jésus ne peut se faire sans une certaine manière de comprendre. Le concept de foi en Jésus sera la manifestation de cette conscience que l'Esprit de vérité donne à l'homme et à ce qui le touche.

L'auteur du livre des Hébreux va le souligner : « par la foi, nous comprenons que l'univers a été créé par la parole de Dieu, de sorte que ce que l'on voit a été fait à partir de ce que l'on ne voit pas. » (Hébreux 11,3).

La foi sera cette conscience qui est telle qu'elle permet de comprendre que Dieu a une réponse à la misère de l'homme. L'apôtre Jacques va se faire l'écho de cette réponse : « écoutez mes frères ; Dieu a choisi les pauvres de ce monde pour qu'ils soient riches dans la foi et reçoivent le royaume qu'il a promis à ceux qui l'aiment » (Jacques 2,5)

Le pauvre dans la foi en jésus

Est pauvre en Jésus, celui en qui habite la réalité d'une identité qui va au-delà de celle que lui concède le monde. L »identité en question est celle que forme l'Esprit de vérité par sa présence en l'homme comme don de Jésus.

L'esprit de vérité, parce qu'il forme conscience, fait de la foi une conscience, la conscience par laquelle l'on saisi la réalité de Dieu.

La foi en Jésus va permettre de parler autrement du pauvre et de la pauvreté. Il est pour ainsi dire, devenu possible en parlant de la pauvreté, de se démarquer des préjugés qui rendent obscures la saisie de la réponse de Dieu. Aux nombres des préjugés, il faut compter une certaine compréhension de la vie chrétienne qui réduit la vie de l'homme à la pitié qu'il suscite dans le cœur de son semblable. La charité doit culminer en cet effort qui doit être fait pour que l'homme retrouve l'identité que lui confère la foi dans laquelle il devient possible de saisir la réponse de Dieu pour son existence concrète. C'est la raison pour laquelle, la question de la discrimination et de la pauvreté qui l'accompagne, trouvent solution par la quête d'une vérité sur soi-même et sur ce qu'on est.

« si vous obéissez fidèlement à mon enseignement, vous êtes mes disciples ; ainsi vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libre » (Jean 8, 31-32).


 


 

mercredi 23 juillet 2008

A TOUS LES PAUVRES

(Théologie de la pauvreté)


 

On ne peut continuer à vivre dans un monde où ce qui a de mieux est tout sauf l'homme lui-même.

C'est cette nécessité qui peut justifier le besoin d'une vérité que l'on doit regarder comme une science et que l'on doit œuvrer à faire grandir.

L'homme ne sera pas meilleur sans une bonne condition de sa pensée. La condition de la pensée est comme la condition de l'existence, du moins ce que l'on désigne par ce terme.

Il faut à la pensée d'être dans de bonnes conditions pour exprimer le meilleur d'elle-même. C'est la raison pour laquelle je dis de la pensée qu'elle doit être à l'abri de ce qui lui fait mal. Le mal pour la pensée est fait de tout ce qui lui enlève toute consistance et qui de ce fait, la transforme en une réalité impalpable. Manquer de consistance fait souffrir. Manque de consistance, celui qui ne peut sait et ne peut dire ce qu'il est ; celui qui en se regardant, ne voit pas le droit qu'il a, ni le devoir qui est le sien.

L'homme qui est tel, ne saura voir en ce qu'il croit, c'est-à-dire, dans ce qui fonde la certitude qu'il a d'exister, droit et justice.

Cet homme pourra ressembler à tout sauf à Noé de qui les écritures disent qu'il fut l'héritier de la justice qui s'obtient par la foi (Hébreux 11, 7).

C'est en ce moment que naît en l'homme, ce besoin d'un monde nouveau. C'est en ce moment que l'on se convainc de la nécessité de faire périr la société et le monde.

Si l'homme met en péril la nature, c'est entre autre parce qu'il n'a pas trouvé dans les certitudes sur lesquelles il fonde son existence, ce droit et cette justice qui empêchent le devenir vers lequel il s'achemine.

Je veux dire à celui qui souffre de la misère et qui la ressent comme une injustice, qu'il doit s'interroger de savoir s'il peut trouver dans la certitude qui fonde son existence, la vérité qui rassasiera sa faim de justice.